Nicolas Sarkozy a mis en garde à Paris les Etats-Unis contre toute tentation de bloquer l'adoption de mesures de "refondation" du capitalisme lors du prochain sommet du G20 à Londres. J'ai toujours été partisan dans ma vie politique d'une alliance très proche avec les Etats-Unis d'Amérique, mais que les choses soient claires: au XXIe siècle, il n'y a plus une seule nation qui peut dire ce qu'il faut faire ou ce qu'il faut penser", a déclaré M. Sarkozy à l'ouverture de la conférence internationale Nouveau monde, nouveau capitalisme.

"Les décisions, nous les prendrons le 2 avril à Londres", a-t-il rappelé, souhaitant "de tout coeur" que "les Etats-Unis accompagneront ce changement" parce qu'un "nouveau président apportera son intelligence, son dynamisme et son ouverture" et que "nous changerons le monde avec les Etats-Unis". "Mais nous n'accepterons pas le statu quo, nous n'accepterons pas l'immobilisme, nous n'accepterons pas le retour de la pensée unique", a martelé le chef de l'Etat devant la chancelière allemande Angela Merkel et l'ex-Premier ministre britannique Tony Blair. "A Bretton Woods en 1945, il y avait une monnaie (le dollar, ndlr). Cette monnaie a construit la prospérité du monde. En 2009, il n'y a plus une monnaie, il y en a plusieurs. Il va falloir qu'on discute comment chacun gère sa monnaie, ses taux d'intérêt", a-t-il également estimé. "Il ne peut plus y avoir un seul pays qui explique aux autres +payez la dette qui est la nôtre+, il ne peut plus y avoir un seul modèle", a conclu Nicolas Sarkozy.

Le président français a insisté quelques heures plus tard à l'issue d'un entretien à l'Elysée avec la chancelière allemande Angela Merkel en estimant que "l'Europe n'a pas à attendre (...) que les Etats-Unis soient d'accord" pour adopter une réforme du capitalisme financier. "Nous avons toutes les raisons de faire confiance au président Barack Obama, dont j'ai cru comprendre qu'il avait été élu sur le changement et donc la volonté de reconstruire un ordre nouveau", a-t-il ajouté. "Nous sommes décidés à une chose, c'est obtenir ces changements. On préfère les obtenir dans la bonne humeur, le consensus, la concorde (...) mais nous ne nous laisserons pas opposer un immobilisme qui conduirait le monde dans quelques années à la même situation que celle d'aujourd'hui", a dit Nicolas Sarkozy, assurant que "d'autres régions du monde pensent comme nous". "Nous avons pris des engagements vis-à-vis des contribuables et vis-à-vis des citoyens, ils attendent des résultats et nous les obtiendrons. Franchement, si on peut les obtenir en accord avec Barack Obama ça sera vraiment plus facile, mais ce n'est pas une condition sine qua non", a-t-il conclu.

Après leur premier sommet le 15 novembre à Washington, les dirigeants des principaux pays développés et émergents de la planète (G20) doivent se retrouver le 2 avril dans la capitale britannique pour discuter de la réforme du système financier international. (avec AFP)