OSLO, 20 novembre 2009 (AFP) - Le fonds de pension public norvégien, un des plus gros fonds souverains au monde, a vendu ses parts dans le géant minier russe Norilsk Nickel accusé de provoquer d'importants dégâts sur l'environnement, a indiqué le ministère norvégien des Finances. Norilsk Nickel est la première société russe à être exclue de l'"univers d'investissement" du fonds. "Le Conseil d'éthique (qui émet un avis sur les placements du fonds) juge probable que les activités de Norilsk contribuent à des dégâts environnementaux importants qui auront encore des effets dans un futur lointain", a expliqué le ministère dans un communiqué publié jeudi. Il est reproché au numéro un mondial du nickel d'être responsable de rejets élevés de dioxyde de soufre (SO2) et de métaux lourds dans la péninsule de Taïmyr, dans le nord de la Sibérie. "Le Conseil estime que les émissions de la compagnie sont la cause directe de la disparition de forêt et d'autres dégâts sérieux visibles dans la nature", a précisé le ministère. "Les quelque 200.000 personnes qui vivent dans le voisinage des activités industrielles de l'entreprise (...) sont continuellement exposées à de fortes concentrations de produits polluants dans l'air, le sol et l'eau", ajoute le communiqué. Fin 2008, le fonds possédait 0,32% des droits de vote et 0,39% des actions ordinaires de Norilsk Nickel, d'une valeur de 328,6 millions de couronnes (39 millions d'euros). Détenant 1% de la capitalisation boursière mondiale, y compris 1,8% de la capitalisation européenne, ce qui en fait le premier investisseur sur le Vieux Continent, le fonds norvégien, alimenté par les recettes pétrolières du pays, pesait 2.549 milliards de couronnes (304,3 milliards d'euros) fin septembre.