BRUXELLES, 20 novembre 2009 (AFP) - La Commission européenne s'est attaquée de nouveau vendredi à l'Italie pour les pouvoirs spéciaux qu'elle conserve dans des entreprises privatisées, et notamment les "golden shares" qui lui permettent de s'opposer à des prises de contrôle par des groupes étrangers. L'Italie avait été condamnée en mars à ce sujet par la Cour européenne de justice, mais n'a depuis pas modifié sa pratique. La Commission lui a donc envoyé une lettre de mise en demeure pour lui demander de le faire, première étape d'une procédure formelle pouvant déboucher sur un nouveau renvoi devant la justice européenne et des amendes pour l'Italie. La loi italienne confère à l'Etat italien des pouvoirs spéciaux "en cas de risque sérieux et réel" dans un certain nombre de secteurs stratégiques, comme l'énergie, les télécommunications, les transports, la défense ou les urgences médicales. Cette disposition a été clairement mise en place pour des sociétés telles qu'ENI et Enel (énergie), Telecom Italia (télécommunications) et Finmeccanica (défense). La législation européenne permet des exceptions pour protéger des secteurs sensibles, mais la Cour de justice européenne avait estimé en mars que les critères utilisés par l'Italie étaient formulés de manière trop générale et imprécise, conférant une latitude "disproportionnée" à l'Etat italien.